Compilation sur l'Environnement et le Développement durable


       

COMPILATIONS DES ÉCRITS BAHÁ'ÍS


COMPILATION SUR L'ENVIRONNEMENT ET LE DÉVELOPPEMENT DURABLE

Cette compilation contient une sélection des écrits bahá'ís et des déclarations de la communauté internationale bahá'íe concernant l'environnement et le développement durable qui existent en traduction française. Il est donc un peu moins complète que l'équivalent en anglais.



ROLE DE PRINCIPES SPIRITUELS

L'omniscient Médecin tient sous son doigt le pouls de l'humanité. Il diagnostique la maladie et, en son infaillible sagesse, il prescrit le remède. Tout âge a son problème propre, toute âme son aspiration particulière. Le remède qui convient aux afflictions du présent jour ne saurait être celui que réclameront les maux d'un âge ultérieur. Enquérez-vous soigneusement des besoins de l'âge où vous vivez et que toutes vos délibérations portent sur ce que cet âge exige et requiert.
(Bahá'u'lláh, Extraits des Ecrits de Bahá'u'lláh, MEB, 106, p. 140)

 


Chaque problème social peut être résolu à l'aide de principes spirituels ou de ce que certains appellent des valeurs humaines.  De manière générale, tout groupe bien intentionné peut trouver des solutions pratiques à ses problèmes, mais bonnes intentions et connaissances pratiques ne suffisent généralement pas.  Le mérite essentiel du principe spirituel consiste non seulement à présenter une perspective concordant avec l'élément immanent de la nature humaine, mais aussi à stimuler une attitude, une dynamique, une volonté, une aspiration qui permettent la découverte et la mise en oeuvre de mesures pratiques.
(Maison Universelle de Justice, Promesse de la Paix mondiale, 1985, p. 16.)

 


L'ENVIRONNEMENT

 

LES ORIGINES DE L'UNIVERS

...ce monde, c'est-à-dire cet univers infini, n'a pas eu de commencement.... ...il se peut qu'une des parties des contingences, une des planètes par exemple, soit nouvellement venue au monde ou doive prochainement être annihilée; mais les autres planètes infinies existent. L'univers ne disparaîtra pas, ne s'éteindra pas : au contraire, la vie est éternelle et perpétuelle.
('Abdu'l-Bahá, Les leçons de Saint-Jean d'Acre, Paris, PUF, 5e ed., 1982, p. 186)


Ce qui a existé avait déjà existé auparavant, mais pas sous la forme que tu vois aujourd'hui. Le monde de l'existence fut appelé à la vie par la chaleur engendrée par l'interaction entre la force active et ce qui est son récepteur.
(Bahá'u'lláh, Les Tablettes de Bahá'u'lláh, p. 149)


Donc il est évident qu'à l'origine la matière est une, et qu'elle est arrivée à une forme spéciale dans chaque élément. Ainsi ont été produites les formes variées; une fois produites, chacune s'est trouvée permanente, et les éléments ont été spécialisés; mais cette confirmation ne fut définitive, n'arriva à la réalisation et à l'existence parfaite qu'après un très long temps. Alors ces éléments se combinèrent, s'arrangèrent, se mélangèrent dans des formes infinies, ou plutôt, de la combinaison et du mélange de ces éléments, des existences apparurent à l'infini.
('Abdu'l-Bahá, Les leçons de Saint-Jean d'Acre, Paris, PUF, 5e ed., 1982, p. 187)


De la même façon, il est évident que ce globe terrestre, ayant pris naissance dans le sein de l'univers, s'y étant développé et étant parvenu à des formes et à des conditions variées, est arrivé par degrés à l'état de perfection actuelle, qu'il a été orné de créatures innombrables, et qu'il a ainsi resplendi dans son établissement définitif.
('Abdu'l-Bahá, Les leçons de Saint-Jean d'Acre, Paris, PUF, 5e ed., 1982, p. 188)


LA NATURE

 

La nature est la volonté de Dieu, elle est son expression dans et à travers le monde contingent.
(Bahá'u'lláh, Les Tablettes de Bahá'u'lláh, p. 148)

 


Cette Nature est soumise à une organisation absolue, à des lois déterminées, à un ordre complet, et à un plan achevé dont elle ne s'écarte jamais. A tel point que, pour qui examine d'un regard minutieux et d'un oeil acéré, depuis le plus petit atome existant jusqu'aux plus grands corps de l'univers, comme le globe solaire ou les autres astres et corps lumineux, tout, soit au point de vue de l'arrangement ou de la composition, soit sous le rapport de la forme ou du mouvement, est absolument organisé; et tout est sous l'empire d'une loi universelle, dont il n'y a pas moyen de s'écarter.
('Abdu'l-Bahá, Les leçons de Saint-Jean d'Acre, Paris, PUF, 5e ed., 1982, ch. 1, p.11)

 


Par nature, on entend ces propriétés inhérentes des choses et ces relations nécessaires qui découlent de la réalité des choses. Ces réalités quoiqu'infiniment diverses sont toutefois intimement reliées entre elles.
('Abdu'l-Bahá, Lettre d'Abdu'l-Bahá au professeur Auguste Forel, Bruxelles, MEB, 3e éd., 1974, p.13)

 


L'ÉVOLUTION

...de même que l'homme, dans le sein de sa mère, a passé d'une forme à une autre, d'un état à un autre, a changé et évolué, et néanmoins, depuis le commencement de la période embryonnaire, a toujours appartenu à l'espèce humaine, de même, l'homme, depuis le commencement de l'existence dans le sein du monde, a appartenu à l'espèce supérieure, l'humanité, et il a passé peu à peu d'un état à un autre.
('Abdu'l-Bahá, Les leçons de Saint-Jean d'Acre, Paris, PUF, 5e ed., 1982, ch. 49, p. 200)


De même, la croissance et le développement de tous les êtres se font par degrés; c'est la règle générale de Dieu et l'ordre de la nature.
('Abdu'l-Bahá, Les leçons de Saint-Jean d'Acre, Paris, PUF, 5e ed., 1982, ch. 51, p. 205)


Toutes les créatures, grandes ou petites, ont été créées, dès le début, complètes et parfaites; seulement les perfections apparaissent en elles peu à peu. La loi de Dieu est une, l'évolution de l'existence est une, l'ordre divin est un; les êtres, faibles ou forts, sont soumis à une loi et à un ordre uniques.
('Abdu'l-Bahá, Les leçons de Saint-Jean d'Acre, Paris, PUF, 5e ed., 1982, ch. 51, p. 205)


...tous ces êtres innombrables qui peuplent le monde, l'homme, l'animal, le végétal, le minéral, quels qu'ils soient, sont chacun des composés d'éléments; et il n'y a pas de doute que cette perfection de tous les êtres provient de ce que Dieu les a créés par une combinaison d'éléments mélangés en proportions déterminées, de la nature de leur constitution ainsi que de l'interaction des autres êtres. Par conséquent, tous les êtres sont liés les uns aux autres comme les anneaux d'une chaîne; et cette assistance, cette influence réciproques sont de l'essence des choses : elles produisent l'existence, la croissance et le développement des créatures.
('Abdu'l-Bahá, Les leçons de Saint-Jean d'Acre, Paris, PUF, 5e ed., 1982, chpt. 46, p. 184)


L'APPROCHE BAHÁ'ÍE ENVERS LA NATURE

Etant donné que l'homme a été créé pour être le maître de la nature, quelle folie de sa part d'en devenir l'esclave ! Quel aveuglement et quelle stupidité d'honorer et d'adorer la nature quand Dieu, dans sa bonté, nous en a fait les maîtres.
('Abdu'l-Bahá, Causeries d''Abdu'l-Bahá à Paris, 3e ed., p. 104)


Si... tu considères l'intime essence de toutes choses, et l'individualité de chacune en particulier, tu contempleras les signes de la miséricorde de ton Seigneur dans chaque chose créée, et tu verras les rayons diffus de ses noms et attributs à travers le monde de l'existence.... Tu observeras alors que l'univers est comme un manuscrit dont les intimes secrets, conservés dans la tablette bien gardée, sont mis au jour. Il n'est pas un atome parmi tous les atomes existants, pas une créature parmi les créatures, qui ne célèbre ses louanges, ne déclame ses attributs et ses noms, ne révèle la gloire de sa puissance et ne s'oriente vers son unicité et sa miséricorde....

Chaque fois que tu contempleras la création tout entière et en observeras chaque atome, tu constateras que les rayons du Soleil de Vérité illuminent toutes choses et brillent à l'intérieur de chacune d'elles, célébrant les splendeurs de cette Etoile du matin, ses mystères et le rayonnement de ses lumières. Regarde les arbres, les fleurs et les fruits, et même les pierres. Là aussi, tu contempleras les rayons du soleil, clairement visibles en toutes ces choses, et qu'elles manifestent.
('Abdu'l-Bahá, Sélection des Écrits d''Abdu'l-Bahá, 19, p. 40-41)


Nous ne pouvons séparer le coeur humain de l'environnement extérieur, et déclarer qu'une fois l'un des éléments corrigés, tout s'améliorera. L'homme fait partie du monde. Sa vie intérieure modifie l'environnement et est à son tour profondément affectée par celui-ci. Leur action est interdépendante et tout changement permanent dans la vie d'un homme résulte de ces réactions mutuelles.
(Le secrétaire de Shoghi Effendi, extrait d'une lettre du 17 février 1933 à un croyant)


Considérez le monde des créatures: quelle diversité et quelles variétés dans leurs espèces, bien qu'elles aient une même origine. Toutes les différences visibles sont celles des formes extérieures et des couleurs. Cette diversité dans les types se retrouve partout dans la nature. Regardez... la beauté dans la diversité et l'harmonie, et tirons une leçon du monde végétal. Si vous regardez un jardin dont toutes les plantes présentent la même forme, la même couleur et le même parfum, loin de vous sembler beau, il vous paraîtra plutôt triste et monotone. Le jardin qui réjouit les yeux et le coeur est celui où poussent côte à côte des fleurs de toutes couleurs, de toutes formes et de tous parfums. C'est cet heureux contraste de couleurs qui en fait le charme et la beauté. Il en est de même pour les arbres. Un verger rempli d'arbres fruitiers est un lieu de délices, de même qu'une plantation d'arbustes de toutes sortes. C'est précisément la diversité et la variété qui en font l'attrait: chaque fleur, chaque arbre, chaque fruit, outre sa beauté particulière, fait ressortir les qualités des autres et souligne la grâce spéciale de chacun et de tous.
('Abdu'l-Bahá, Causeries d''Abdu'l-Bahá à Paris, 3e ed., p. 45-46)


En résumé, ce n'est pas seulement leurs semblables que les bien-aimés de Dieu doivent traiter avec miséricorde et compassion; leur bienveillance doit se manifester à l'égard de chaque créature vivante.... Les sentiments sont identiques - que vous infligiez une douleur à un homme ou à une bête....

Formez vos enfants, dès le plus jeune âge, à se montrer tendres et aimants envers les animaux. Si un animal tombe malade, que les enfants s'efforcent de le guérir; s'il a faim, qu'ils lui donnent à manger; s'il a soif, qu'ils le désaltèrent et, s'il est épuisé, qu'ils veillent à lui procurer du repos.
('Abdu'l-Bahá, Sélection des Écrits d''Abdu'l-Bahá, 138, p. 158)


Si ce n'est pas nécessaire,
Ne blesse pas le serpent dans la poussière
Et, pire encore, ne blesse pas un homme.
Si tu le peux,
N'effraie pas la fourmi;
Surtout, ne frappe pas ton frère.
('Abdu'l-Bahá, Sélection des Écrits d''Abdu'l-Bahá, 206, p. 254)

La campagne est le monde de l'âme, la ville est le monde des corps.
(Bahá'u'lláh, dans J.E. Esslemont, Bahá'u'lláh et l'Ère Nouvelle, p. 47)


PRINCIPES ÉCOLOGIQUES

Ainsi que la Source de la création l'a prédéterminé, le temple du monde a été façonné à l'image et à la ressemblance du corps humain. En effet, chacun reflète l'image de l'autre, si tu observes avec discernement. En voici la signification : de même que dans ce monde le corps humain qui apparaît composé de différents membres et organes, est en réalité une entité étroitement intégrée et cohérente, de même la structure du monde physique est comme un organisme unique dont les membres et les composants sont liés inséparablement.

Si nous observons d'un regard qui nous permet de découvrir les réalités de toutes choses, il apparaît clairement que la plus grande relation qui maintient l'unité du monde de l'existence se retrouve dans le domaine des choses créées. Cette coopération, cette aide mutuelle et cette réciprocité sont des caractéristiques essentielles du corps unifié du monde de l'existence, d'autant plus que toutes les choses créées sont étroitement reliées et que chacune est influencée par l'autre, en bénéficie directement ou indirectement.

Considérez par exemple comment un groupe de choses créées constitue le règne végétal et un autre groupe, le règne animal. Chacun de ces deux groupes utilise certains éléments de l'air dont sa vie dépend, tandis que chacun accroît la quantité d'éléments qui sont essentiels à la vie de l'autre. En d'autres termes, la croissance et le développement du monde végétal sont impossibles sans l'existence du règne animal, et le maintien de la vie animal est inconcevable sans la coopération du règne végétal. Du même genre sont les relations qui existent entre toutes les choses créées. C'est pourquoi on a dit que la coopération et la réciprosité sont des propriétés essentielles, inhérentes au système unifié du monde de l'existence, sans lesquelles toute la création serait réduite à néant.

Si tu examines la vaste étendue de la création, tu t'apercevras que plus un règne de choses créées est élevé sur l'arc d'ascendance, plus manifestes sont les signes et les évidences de cette vérité que la coopération et la réciprosité sont plus importantes à un niveau d'ordre supérieur qu'à un niveau d'ordre inférieur. Par exemple, les signes évidents de cette réalité fondamentale sont davantage perceptibles dans le règne végétal que dans le règne minéral et encore plus manifestes dans le monde animal que dans le monde végetal.
('Abdu'l-Bahá, dans Le droit de Dieu : Huququ'llah (compilation), Maison d'éditions baha'ies, 2010, p. 13-14.)


Dans le monde physique de la création, toutes les choses mangent et sont mangées à la fois : la plante s'abreuve au minéral, l'animal consomme la plante l'homme se nourrit de l'animal et le minéral dévore le corps humain. Les corps physiques sont transférés d'une barrière à l'autre, d'une vie à une autre, et tout est soumis aux altérations et aux transformations, tout sauf la Cause de l'existence elle-même - car Il est constant et immuable, et c'est sur Lui que se fonde l'existence de chaque espèce, de chaque réalité contingente à travers la création tout entière.
('Abdu'l-Bahá, Sélection des Écrits d''Abdu'l-Bahá, 137, p. 156)


LA DURABILITÉ ENVIRONNEMENTALE

Les Écritures Bahá'íes décrivent la nature comme le miroir du sacré. Elles enseignent que la nature doit être valorisée et respectée, mais non pas idolâtrée. Plutôt, elle doit soutenir les efforts de l'humanité pour promouvoir une civilisation à l'avancée perpétuelle. Toutefois, eu égard à l'interdépendance de tous les segments de la nature, et de l'importance de l'évolution et la diversité "dans la beauté, l'efficacité, et la perfection du tout", aucun effort ne doit être ménagé afin de conserver à la terre sa bio-diversité et son ordre naturel.

En tant que tributaires, ou régisseurs des vastes ressources et de la diversité biologique de la planète, l'humanité doit apprendre à exploiter les ressources naturelles de la terre, qu'elles soient renouvelables ou non, d'une manière qui en assure le caractère durable et équitable jusque dans un avenir lointain. Cette régie exigera une connaissance pleine et entière des conséquences écologiques possibles, afférentes à toute activité humaine. Elle obligera l'humanité à tempérer ses actions avec de la modération et de l'humilité, se rendant compte que la vraie valeur de la nature ne peut s'exprimer en termes économiques. Elle exigera aussi une profonde compréhension du monde naturel et de son rôle dans le développement collectif de l'humanité - aussi bien matériel que spirituel. Ainsi, l'exploitation d'un environnement durable doit être considérée non pas comme une responsabilité discrétionnaire, que l'humanité peut peser contre d'autres intérêts en lice, mais plutôt comme une obligation fondamentale qui doit être assumée - une condition préalable au développement spirituel ainsi qu'à la survie physique de l'individu.  
(Communauté Internationale Bahá'ie (1998), Place et importance de la spiritualité dans le développement)


DURABILITÉ ÉCONOMIQUE

NON-DURABILITÉ DE L'ANCIEN ORDRE MONDIAL

Malheureusement, un trop grand nombre de ces idéologies [créées par l'homme]...  ont eu tendance... à abandonner sans pitié des millions d'affamés au libre jeu d'un système de marché qui aggrave sans conteste la misère de la majorité de la race humaine, tout en permettant à d'infimes minorités de vivre dans une aisance que nos ancêtres ne pouvaient même pas imaginer.
(La Maison Universelle de Justice, Promesse de la Paix mondiale I, 1985)


Nous sommes arrivés au stade où ceux qui prêchent les dogmes du matérialisme, que ce soit de l'Est ou de l'Ouest, que ce soit du capitalisme ou du socialisme, doivent rendre compte de la direction spirituelle qu'ils ont prétendu exercer. Où est le «nouveau monde» annonce par ces idéologies ? Où est la paix internationale dont ils affirment promouvoir les idéaux ? Oû sont les percées dans de nouveaux domaines de réalisation culturelle produites par l'exaltation de telle race, nation ou classe ? Pourquoi la vaste majorité des peuples du monde s'enfonce-t-elle sans cesse plus profondément dans la famine et la misère alors que les arbitres actuels des affaires humaines disposent de richesses énormes que n'auraient pu concevoir ni les pharaons, ni les empereurs romains, ni même les puissances impérialistes du XIX siècle ?
(La Maison Universelle de Justice, Promesse de la Paix mondiale I, 1985)


L'histoire montre que les idéaux matérialistes n'ont pas su répondre aux besoins de l'humanité et ceci devrait nous amener à reconnaître en toute honnêteté que de nouveaux efforts doivent maintenant être entrepris pour résoudre les problèmes déchirants de la planète.
(La Maison Universelle de Justice, Promesse de la Paix mondiale I, 1985)


Si des idéaux longuement caressés et des institutions dont la réputation n'est plus à faire, si certaines hypothèses sociales et certaines formules religieuses ont cessé de promouvoir le bien-être de l'ensemble de l'humanité, s'ils ne répondent plus aux besoins d'une humanité en constante évolution alors, balayons-les et reléguons-les là où vont les doctrines désuètes et oubliées. Pourquoi, dans un monde soumis aux lois immuables du changement et de l'usure, seraient-ils à l'abri de la dégradation qui doit forcément gagner toute institution humaine ? Car les normes juridiques, les théories politiques et les doctrines économiques sont uniquement destinées à protéger les intérêts de l'humanité vue dans une perspective globale et l'humanité n'a pas à être sacrifiée pour préserver l'intégrité d'une loi ou d'une doctrine particulière.
(Shoghi Effendi, L'Ordre mondial de Bahá'u'lláh, cité dans La Maison Universelle de Justice, Promesse de la Paix mondiale I, 1985)


Le dogmatisme matérialiste, après avoir pénétré et maîtrisé les centres de pouvoir et d'information à l'échelle mondiale, fit en sorte qu'aucune voix rivale ne puisse mettre en cause les projets de l'exploitation économique mondiale.
(Communauté internationale baha'ie, Une seule et même Foi, 2005, p. 3)


PRINCIPES POUR UN NOUVEL ORDRE ÉCONOMIQUE

 

Dans les cycles précédents, l'harmonie fut établie; toutefois, les moyens faisant défaut, l'unité de l'humanité tout entière n'aurait pu être réalisée. Les continents demeuraient fortement divisés et, même parmi les peuples d'un seul et même continent, l'association et les échanges d'idées étaient presque impossibles. En conséquence, le dialogue, la compréhension et l'unité entre tous les peuples et tribus de la terre ne pouvaient se réaliser. De nos Jours, cependant, les moyens de communication se sont multipliés et les cinq continents du globe ont en fait été unifiés. Pour chacun d'entre nous il est aisé désormais de voyager vers n'importe quelle destination, de nous mêler aux autres peuples et d'échanger des opinions avec eux, de se familiariser, grâce à la lecture, avec les conditions de vie, les croyances religieuses et la pensée de tous les hommes. De même, tous les membres de la famille humaine - qu'il s'agisse de peuples ou de gouvernements, de villes ou de villages-  sont toujours plus dépendants les uns des autres. L'autarcie n'est plus possible pour quiconque, dans la mesure où des liens politiques unissent tous les peuples et les nations et où les relations commerciales, industrielles, agricoles et pédagogiques s'intensifient jour après jour. L'unité de toute l'humanité peut donc aujourd'hui être réalisée.
('Abdu'l-Bahá, Sélection des Écrits d''Abdu'l-Bahá, 15, p. 31)

 


 

Au nombre des enseignements de Bahá'u'lláh, nous trouvons l'idée selon laquelle, bien que la civilisation matérielle soit l'un des moyens concourant au progrès du monde humain, tant qu'elle ne sera pas associée à la civilisation divine, le résultat souhaité, à savoir le bonheur de l'humanité, ne sera pas atteint. Réfléchissez bien! ...toutes ces armes de guerre sont les fruits pernicieux de la civilisation matérielle. Si celle - ci avait été associée à la civilisation divine, ces armes terrifiantes n'auraient jamais été inventées. Bien au contraire, l'énergie humaine aurait été entièrement consacrée à des inventions utiles et se serait concentrée sur des découvertes dignes de louange. La civilisation matérielle est comme le verre d'une lampe. La civilisation divine est l'ampoule elle-même: sans la lumière, le verre reste obscur. La civilisation matérielle est comme le corps. Aussi gracieux, élégant et beau qu'il puisse être, il est inanimé. La civilisation divine est comme l'esprit; le corps reçoit la vie de l'esprit, sans lequel il devient un cadavre. Ainsi, il a été prouvé que le monde de l'humanité a besoin des souffles de l'Esprit Saint. Sans l'esprit, le monde de l'humanité est privé de vie et, sans cette lumière, le monde de l'humanité est plongé dans une obscurité totale, car le monde de la nature est un monde animal. Tant que l'homme ne renaît pas du monde de la nature, c'est-à-dire tant qu'il ne se détache pas de ce monde, il est essentiellement un animal, et ce sont les enseignements de Dieu qui transforment en une âme humaine cet animal.
('Abdu'l-Bahá, Sélection des Écrits d''Abdu'l-Bahá, 227, p. 302-303)

 


 

Au centre de la tâche qui consiste à conceptualiser de nouveau l'organisation des affaires humaines, se trouve la bonne compréhension du rôle de l'économie. L'inaptitude à restituer l'économie dans le contexte plus vaste de l'existence sociale et spirituelle de l'humanité, a mené à un matérialisme virulent dans les régions économiquement les plus avantagées du monde, et à la persistance de l'état de manque parmi la grande majorité de peuples du monde. L'économie devrait servir les besoins des peuples. Les sociétés ne devraient pas avoir à se soumettre à des bouleversements afin de s'adapter à des modèles économiques. La fonction ultime des systèmes économiques devrait être d'armer les peuples et les institutions du monde avec les moyens susceptibles d'atteindre le vrai but du développement : en d'autres termes, l'extension d'un potentiel sans limites, à l'état latent dans la conscience humaine.

La société doit mettre au point des modèles économiques, issus des points de vues provenant d'une compréhension compatissante d'une même expérience partagée, celle qui considère les êtres humains les uns par rapport aux autres, et de la reconnaissance du rôle central que jouent la famille et la communauté dans le bien-être social et spirituel. Un réexamen des priorités doit avoir lieu au sein des institutions et des organisations. Des ressources allouées à des agences ou programmes ayant des effets néfastes sur l'individu, les sociétés et l'environnement doivent être redistribuées et dirigées vers ceux plus à même de favoriser un ordre social dynamique, juste et prospère. De tels systèmes économiques seront de nature fortement altruiste et coopérative ; ils fourniront des emplois utiles et aideront à l'éradication de la pauvreté dans le monde. 
(Communauté Internationale Bahá'ie (1998), Place et importance de la spiritualité dans le développement)


JUSTICE

A mes yeux, ce que j'aime par-dessus tout est la justice; ne t'en écarte pas si c'est moi que tu désires, et ne la néglige pas afin que je puisse me fier à toi. Par elle, tu pourras voir par tes propres yeux et non par ceux des autres, et tu pourras comprendre par ton propre savoir et non par celui du prochain.
(Bahá'u'lláh, Les Paroles Cachées (arabe) 2, p. 9)


 

Au nombre des enseignements de Bahá'u'lláh, on trouve encore les notions de justice et de droit. Tant que ceux-ci ne seront pas réalisés sur le plan de l'existence, toutes choses en ce monde seront en désordre et demeureront imparfaites. Le monde humain est un monde d'oppression et de cruauté, un royaume d'agression et d'erreur. 
('Abdu'l-Bahá, Sélection des Écrits d''Abdu'l-Bahá, 227, p. 303)


La justice est la seule force qui puisse transformer la conscience naissante de l'unité de l'humanité en une volonté collective capable d'ériger sereinement les structures nécessaires à une vie communautaire mondiale. A une époque où il est de plus en plus facile aux peuples du monde d'avoir accès à une information multiforme et à une grande diversité d'idées, la justice s'imposera comme le principe directeur d'une organisation sociale réussie. Il faudra de plus en plus souvent soumettre le projet de développement de la planète à l'éclairage impartial de ses normes....
(Communauté internationale bahá'íe, Vers une humanité prospère, 1995)


Le souci de justice protège la tâche de définir le progrès de la tentation de sacrifier le bien-être de la majeure partie de l'humanité - voire de la planète elle-même - au nom de progrès technologiques dont les retombées ne bénéficient qu'à des minorités privilégiées....  Mais surtout, seuls les programmes de développement susceptibles de satisfaire les besoins de l'humanité et dont les objectifs sont considérés justes et équitables auront des chances de gagner l'adhésion de masses dont dépend leur mise en oeuvre. Si tous les membres de la société - voire tous les groupes qui la composent - étaient assurés que des règles les protègent et qu'ils bénéficieront tous équitablement des fruits escomptés, ils réussiraient à faire preuve de qualités d'honnêteté, d'ardeur au travail et d'esprit de coopération nécessaires à la réalisation de grands objectifs collectifs, même astreignants.
(Communauté internationale bahá'íe, Vers une humanité prospère, 1995)


PAUVRETÉ ET RICHESSE

Les problèmes de nourriture, d'alimentation et d'habitat sont au centre même du défi qui consiste à assurer un niveau de vie adéquat à tous les membres de la famille humaine. Ces problèmes ne peuvent, toutefois, être abordés uniquement comme des problèmes techniques ou économiques. L'élimination de la faim et de la malnutrition, la mise sur pied d'une sécurité alimentaire, la garantie d'un habitat adéquat, et la santé pour tous exigeront un changement de valeurs, un dévouement à l'équité, et une orientation nouvelle des politiques, des buts et des programmes.

A l'heure actuelle, nous disposons des technologies et ressources nécessaires à la satisfaction des besoins élémentaires de l'humanité, et à l'élimination de la pauvreté. L'équité dans l'utilisation de ces technologies et de ces ressources, toutefois, ne verra le jour qu'après l'accession à une certaine compréhension et un certain dévouement. Alors que les individus doivent faire de leur mieux pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles, la communauté doit assumer la responsabilité, quand le besoin s'en fait sentir, d'assurer la satisfaction des besoins fondamentaux. L'accès aux programmes de développement et à leurs bénéfices doit être à la portée de tous. Les mécanismes de la production et de la distribution alimentaire doivent être orientés différemment, et le rôle crucial du fermier dans la sécurité alimentaire et économique reconnu à sa juste valeur. Quant à la santé - le bien-être physique, spirituel, social et psychologique de l'individu - l'accès à une eau potable, un habitat, et une forme quelconque de combustible bon marché, représenteraient un progrès immense dans l'éradication des problèmes qui assaillent de nombreux individus et communautés.
(Communauté Internationale Bahá'íe (1998), Place et importance de la spiritualité dans le développement)


Sachez que la richesse est en vérité une puissante barrière entre le chercheur et son Désir, entre l'amoureux et son Bien-Aimé. Les riches, sauf un petit nombre, ne parviendront par aucun moyen à la cour de sa présence et n'entreront point dans la cité du contentement et de la résignation....
(Bahá'u'lláh, Les Paroles Cachées (persan) 53)


Ne sois pas troublé dans la pauvreté ni confiant dans la richesse, car à la pauvreté succède la richesse, et après la richesse vient la pauvreté. Toutefois, être dénué de tout, hormis de Dieu, est un bienfait merveilleux n'en amoindris pas la valeur car, à la fin, il te rendra riche en Dieu....
(Bahá'u'lláh, Les Paroles Cachées (persan) 51)


Purifie-toi de la souillure des richesses et, dans une paix parfaite, avance vers le royaume de la pauvreté, afin que, à la source du détachement, tu puisses boire à longs traits le vin de la vie éternelle. 
(Bahá'u'lláh, Les Paroles Cachées (persan)


Faites connaître aux riches les plaintes nocturnes du pauvre, de crainte que leur insouciance ne les conduise dans le chemin de la destruction et ne les prive de l'arbre de richesse. Donner et se montrer généreux font partie de mes attributs; heureux celui qui se pare de mes vertus. 
(Bahá'u'lláh, Les Paroles Cachées (persan) 49)


Servir les amis, c'est servir le royaume de Dieu, et être bienveillant à l'égard des pauvres est l'un des principaux enseignements divins.
('Abdu'l-Bahá, Sélection des Écrits d''Abdu'l-Bahá, 11, p. 26)


La richesse est digne des plus grands éloges, si elle est le fruit des efforts d'un individu et de la grâce de Dieu, dans le commerce, l'agriculture, l'art et l'industrie, et si elle est consacrée à des buts philanthropiques. En particulier, si un individu judicieux et ingénieux devait promouvoir des mesures qui enrichiraient les masses universellement, il ne pourrait y avoir de plus grande oeuvre que celle-ci, et elle serait considérée par Dieu comme l'aboutissement suprême, puisqu'un tel bienfaiteur pourvoirait aux besoins et assurerait le confort et le bien-être d'une grande multitude. La richesse est digne d'éloges, à condition que la population entière soit riche. Si, toutefois, un petit nombre se caractérise par une richesse démesurée alors que le reste de la population se trouve appauvrie, et qu'aucun fruit ou bénéfice ne provient de cette richesse, alors elle ne sera jamais qu'un handicap pour son détenteur. Si, d'autre part, elle est consacrée à la promotion des connaissances, l'établissement d'écoles primaires et autres lieux d'enseignement, le développement des arts et des industries, la formation des orphelins et des pauvres - en bref, si elle est consacrée au bienfait de la société - son détenteur apparaîtra devant Dieu et les hommes comme l'excellence même vivant sur terre, et sera considéré comme l'un des représentants du paradis.
('Abdu'l-Bahá, Le Secret de la Civilisation Divine, p. 44-45)


Aucune action de l'homme n'est plus grande aux yeux de Dieu que d'aider les pauvres.... Chacun de vous doit avoir une grande considération pour les pauvres et leur prêter assistance. Faites un effort pour les aider et pour prévenir l'accroissement de la pauvreté. Le plus grand moyen pour la prévenir c'est que les lois de la communauté soient formulées et promulguées de telle sorte qu'il ne soit pas possible qu'un petit nombre soient millionnaires et que beaucoup soient dépourvus. L'un des enseignements de Bahá'u'lláh est l'ajustement des moyens d'existence dans la société humaine. Selon cet ajustement, il ne peut y avoir d'extrêmes dans les conditions humaines en ce qui concerne la richesse et la subsistance. Car la communauté a besoin de financiers, de fermiers, de marchands et de manoeuvres, de même qu'une armée doit se composer de commandants, d'officiers et de simples soldats. Tous ne peuvent être commandants, tous ne peuvent être officiers ou simples soldats. Chacun à son échelon dans la structure sociale doit être compétent; chacun dans sa fonction selon sa capacité; mais chances équitables pour tous.
('Abdu'l-Bahá, Les Bases de l'Unité du Monde, p. 51-52)


Bahá'u'lláh enseigne encore la liberté de l'homme, l'idée que, par le Pouvoir idéal, il devrait être libre et émancipé de la captivité du monde de la nature car, tant que l'homme est prisonnier de la nature il est un animal féroce, car la lutte pour l'existence est une des exigences du monde de la nature. Or, ce problème du combat pour l'existence est la source de toutes les calamités et constitue la suprême affliction.
('Abdu'l-Bahá, Sélection des Écrits d''Abdu'l-Bahá, 227, p. 301)


CONTENTEMENT

Le Chercheur... doit se contenter de peu, et ne jamais demander plus qu'il n'a. 
(Bahá'u'lláh, Le Livre de la Certitude (Kitáb-i-Iqán) p. 107)


Ne puise dans ce monde que selon la mesure de tes besoins, et renonce au superflu. Sois équitable dans tous tes jugements, ne transgresse point les limites de la justice et ne sois pas de ceux qui dévient de son chemin.
(Bahá'u'lláh, Súriy-i-Mulúk §19, dans L'appel du Seigneur des armées, p. 147. Bruxelles, Maison d'éditions bahá'íes, 2002)


La vie est si complexe présentement, et nous la rendons plus complexe encore de jour en jour. Les besoins de l'humanité semble ne jamais s'arrêter. Le plus les gens accumulent des biens, le plus qu'ils désirent. Il n'y a qu'une seule voie de liberté et c'est en fermant ses yeux et son cœur à tous ces choses qui sont une distraction pour l'esprit.
(Words of 'Abdu'l-Bahá, from the Diary of Ahmad Sohrab, September 21, 1913. Star of the West, Vol. 8 (April 9, 1917) no. 2, p. 17. Quoted in The Wisdom of the Master: The Spiritual Teachings of 'Abdu'l-Bahá. Los Angeles, Kalimát Press, 2002) Traduction provisoire


DISTRIBUTION DE LA RICHESSE

Ne passe jamais les bornes de la modération et traite équitablement ceux qui te servent. Donne-leur selon leurs besoins, mais jamais dans la mesure qui leur permettrait d'entasser pour eux-mêmes des trésors, de parer leurs personnes, d'embellir leurs intérieurs, d'acquérir ce qui ne leur serait aucunement profitable et les mettrait seulement au nombre des extravagants. Exerce envers eux une indéfectible justice, de sorte que nul d'entre eux ne soit dans le besoin ni ne regorge de richesses. Ce n'est là que justice manifeste.

Ne permets pas que des esprits abjects dominent les cœurs nobles et dignes d'honneur, ne souffre point que de belles âmes soient à la merci d'êtres vils et méprisables. Or, c'est un tel ordre de choses, et cela Nous l'attestons, que Nous avons constaté lors de notre arrivée dans la ville (Constantinople). Nous avons vu, parmi ses habitants, tels qui possédaient d'immenses fortunes et vivaient dans une richesse excessive, alors que d'autres souffraient toutes les abjections de la pauvreté. Cela ne saurait convenir à ta souveraineté ni être tenu pour digne de ton rang.

Accueille donc mes avis et efforce-toi de gouverner avec équité, afin que Dieu puisse exalter ton nom et répandre au loin dans le monde la renommée de ta justice. Veille à ne pas agrandir tes ministres aux dépens de tes sujets. Crains les soupirs du pauvre et du juste qui, à chaque lever de l'aurore, se lamentent sur leur triste sort, et sois pour eux un bienveillant souverain. Ils sont, en vérité, tes trésors sur la terre. Il te convient donc de mettre tes trésors à l'abri des assauts de ceux qui voudraient te les dérober. Enquiers-toi de leurs affaires et inquiète-toi chaque année, chaque mois même, de leur condition. Ne sois pas de ceux qui négligent leur devoir. 
(Bahá'u'lláh, Extraits des Ecrits de Bahá'u'lláh, MEB, 114, p. 154-155)


Au nombre des enseignements de Bahá'u'lláh, on trouve le partage volontaire de ses biens avec d'autres hommes. Ce partage volontaire est supérieur à l'égalité, et il consiste en ceci que l'homme ne doit pas se préférer à autrui mais, plutôt, sacrifier aux autres sa vie et ses possessions. Ceci ne doit toutefois pas être introduit par voie coercitive, comme une loi que les hommes seraient contraints de respecter. Non, l'homme doit, spontanément et de son plein gré, sacrifier à autrui sa propriété et sa vie, et contribuer volontairement à aider les indigents, comme c'est le cas en Perse parmi les bahá'ís.
('Abdu'l-Bahá, Sélection des Écrits d''Abdu'l-Bahá, 227, p. 301)


...les enseignements de Bahá'u'lláh préconisent le partage volontaire, et ceci est bien meilleur que l'égalisation de la richesse, car l'égalisation doit être imposée de l'extérieur, alors que le partage est affaire de libre choix.

L'homme atteint à la perfection par de bonnes actions qu'il accomplit volontairement, et non par les bonnes actions dont la réalisation lui a été imposée. Le partage est un acte de justice que l'on choisit à titre personnel; autrement dit, les riches devraient accorder leur assistance aux pauvres, dépenser leur fortune au profit des indigents, mais de leur plein gré, et non parce qu'ils y ont été contraints par la force, car la force ne récolte que le trouble et provoque la ruine de l'ordre social. D'un autre côté, le partage volontaire, la dépense - librement consentie - de sa propre richesse, contribue au bien-être et à la paix sociale, éclaire le monde et prodigue l'honneur à l'humanité.
('Abdu'l-Bahá, Sélection des Écrits d''Abdu'l-Bahá, 79, p. 114)


La base fondamentale de la communauté est l'agriculture, le labourage du sol. Tous doivent être producteurs. Chaque personne de la communauté dont le revenu est égal à sa capacité productrice individuelle sera exempte de taxes. Mais si son revenu est plus grand que ses besoins, elle devra payer une taxe jusqu'à ce qu'un ajustement soit effectué. Cela veut dire que la capacité d'un homme à produire et ses besoins seront égalisés et conciliés par la taxation. Si sa production est en excès il ne paiera pas de taxes; si ses besoins excèdent sa production il recevra une valeur suffisante pour égaliser ou ajuster. En conséquence, la taxation sera proportionnée à la capacité et à la production et il n'y aura pas de pauvres dans la communauté.
('Abdu'l-Bahá, Les Bases de l'Unité du Monde, p. 53)


Au tout premier rang se trouve le principe suivant: à tous les membres de la collectivité seront données les plus grandes réalisations du monde de l'humanité. Chacun aura la plus grande prospérité et le plus grand bien-être. Pour résoudre ce problème nous devons commencer par le fermier; c'est là que nous poserons la base d'un système et d'un ordre parce que la classe paysanne et la classe agricole dépassent les autres classes par l'importance de leur service. Dans chaque village sera établi un fonds général qui aura un certain nombre de revenus. Le premier revenu sera celui du dixième ou de la dîme. Le second revenu sera tiré des animaux. Le troisième revenu, des minéraux, c'est-à-dire que pour chaque mine prospectée ou découverte un tiers ira à ce vaste fonds. Le quatrième est celui-ci : tout l'héritage de quiconque meurt sans laisser d'héritiers ira à ce fonds général. Le cinquième : tout trésor trouvé sur la terre sera consacré à ce fonds.

Tous ces revenus seront rassemblés dans ce fonds. En ce qui concerne le premier, le dixième ou dîme: nous prendrons le cas d'un fermier, l'un des paysans. Nous nous informerons de ses revenus. Nous verrons par exemple quel est son revenu annuel et aussi quelles sont ses dépenses. Maintenant, si son revenu est égal à ses dépenses, absolument rien ne sera pris à ce fermier. C'est-à-dire qu'il ne sera soumis à aucune taxation puisqu'il a besoin de tout son revenu. Un autre fermier peut avoir des dépenses s'élevant à mille dollars, dirons-nous, alors que son revenu est de deux mille dollars. De celui-là il sera exigé un dixième, parce qu'il a un surplus. Mais si son revenu est de dix mille dollars et ses dépenses de mille dollars, ou son revenu de vingt mille dollars, il devra payer un quart comme taxe. Si son revenu est de cent mille dollars et ses dépenses de cinq mille, il devra payer un tiers parce qu'il a toujours un surplus puisque ses dépenses sont de cinq mille et son revenu de cent mille. S'il paie, disons, trente-cinq mille dollars en plus de la dépense de cinq mille, il lui reste encore soixante mille. Mais si ses dépenses sont de dix mille et son revenu de deux cent mille, il devra alors donner une moitié parce que dans ce cas la somme restante sera de quatre-vingt-dix mille. Une telle échelle déterminera la part des taxes. Tout l'impôt sur de tels revenus ira à ce fonds général.

Il faut alors prendre en considération des urgences comme celles-ci : un certain fermier dont les dépenses s'élèvent à dix mille dollars et dont le revenu n'est que de cinq mille recevra de ce fonds le montant nécessaire à ses dépenses. Il lui sera alloué cinq mille dollars pour qu'il ne soit pas dans le besoin.

Ensuite, on prendra soin des orphelins dont on assumera toutes les dépenses. On assumera toutes les dépenses des infirmes du village. On couvrira les dépenses nécessaires des pauvres du village. Et l'on devra prendre soin du confort de tous les autres membres qui, pour des raisons valables, sont frappés d'incapacité: les aveugles, les vieillards, les sourds. Personne dans le village ne restera dans le besoin. Tous vivront dans la plus grande prospérité et le plus grand bien-être. Ainsi, aucun schisme n'accablera l'ordre général de la collectivité. Les dépenses et les frais du fonds général sont maintenant clairs et ses activités évidentes.

On a montré le revenu de ce fonds général. Certains administrateurs seront élus par les habitants d'un village donné pour surveiller ces transactions. On prendra soin des fermiers et si, une fois toutes ces dépenses couvertes, l'on trouve un surplus dans ce fonds il devra être transféré au trésor national.

Ce système est ainsi ordonné pour que dans le village les très pauvres soient à leur aise, les orphelins vivent bien et heureux; en un mot, aucun ne sera indigent. Tous les membres individuels de la collectivité vivront ainsi confortablement et bien.

Naturellement, pour des villes plus grandes il y aura un système sur une plus grande échelle. Si j'approfondissais cette solution les détails en seraient passablement longs.
('Abdu'l-Bahá, Les Bases de l'Unité du Monde, p. 56-58)


LE CAPITAL ET L'EMPLOI

La question de la socialisation est très importante. Elle ne sera pas résolue par des grèves à cause des salaires. Tous les gouvernements du monde doivent s'unir et organiser une assemblée dont les membres seront élus parmi les parlements et les gens nobles des nations. Ces membres devront faire des plans avec la plus grande sagesse et la plus grande autorité afin que les capitalistes ne souffrent pas de pertes énormes et que les travailleurs ne puissent être dans le besoin. Ils devraient légiférer avec la plus grande modération, puis annoncer au public que les droits des travailleurs doivent être fermement préservés. Les droits des capitalistes doivent également être protégés.  Lorsqu'un plan général de cette sorte sera adopté par la volonté des deux côtés, tous les gouvernements du monde devront, si une grève survient, y résister collectivement. Autrement, le problème du travail conduira à une grande destruction, particulièrement en Europe. De terribles choses se produiront.

Par exemple, les propriétaires de terres, de mines et d'usines devraient partager leurs revenus avec leurs employés et donner un certain pourcentage juste de leurs profits à leurs ouvriers afin que les employés puissent recevoir, en dehors de leur salaire, une partie du revenu général de l'usine pour que l'employé puisse mettre toute son âme dans son travail.

Dans l'avenir, il ne restera plus de trusts. La question des trusts disparaîtra complètement. De plus, chaque usine qui a dix mille actions en donnera deux mille à ses employés et les mettra à leur nom afin qu'ils puissent les avoir, et le reste appartiendra aux capitalistes. Ensuite, à la fin du mois ou de l'année, tout ce qu'ils pourront gagner une fois les dépenses et les salaires payés devra être partagé entre les deux selon le nombre d'actions. En réalité, il a été fait jusqu'à présent une grande injustice à la masse, Des lois doivent être faites, car il n'est pas possible que les travailleurs soient satisfaits du système actuel. Ils feront la grève chaque mois et chaque année. Finalement, les capitalistes perdront.

('Abdu'l-Bahá, Les Bases de l'Unité du Monde, p. 61)

 


LE TRAVAIL

Vous êtes les arbres de mon jardin; vous devez produire des fruits merveilleux et de bel aspect, dont vous-mêmes et d'autres profiteront. Il appartient donc à chacun d'exercer un métier ou une profession, car c'est là le secret de la richesse, ô hommes d'intelligence. En effet, les résultats dépendent des moyens et la grâce de Dieu vous suffira amplement. Les arbres qui ne donnent pas de fruits ont été et seront toujours bons à mettre au feu. 
(Bahá'u'lláh, Les Paroles Cachées (persan) 80)


Les hommes les meilleurs sont ceux qui gagnent leur vie dans leur métier et, pour l'amour de Dieu, le Seigneur de tous les mondes, dépensent leur argent pour eux-mêmes et pour leurs semblables.
(Bahá'u'lláh, Les Paroles Cachées (persan) 82)


Ô peuple de Bahá ! Il incombe à chacun de vous de se livrer à une occupation telle que l'artisanat, le commerce ou toute autre activité. Nous avons élevé votre engagement dans un tel travail au rang de l'adoration du seul vrai Dieu.... Ne gaspillez pas vos heures dans l'oisiveté et la paresse, mais consacrez-vous à ce qui vous profitera, à vous et aux autres.... Aux yeux de Dieu, les hommes les plus méprisables sont ceux qui s'asseyent et mendient. Tenez-vous fermement à la corde des ressources et placez votre confiance en Dieu, Celui qui pourvoit à tout.
(Bahá'u'lláh, Kitáb-i-Aqdas, para. 33, p. 31)


Kitáb-i-Aqdas, note 56. ... se livrer à une occupation... para. 33

Il est obligatoire pour les hommes et les femmes de se livrer au commerce ou de s'engager dans une profession. Bahá'u'lláh élève "l'engagement dans un travail" au "rang d'adoration" de Dieu. La signification spirituelle et pratique de cette loi, et la responsabilité mutuelle de l'individu et de la société quant à sa réalisation, sont expliquées dans une lettre écrite de la part de Shoghi Effendi :

En ce qui concerne le commandement de Bahá'u'lláh relatif à l'engagement des croyants dans quelque profession que ce soit : les enseignements à ce sujet sont très catégoriques, tout particulièrement la déclaration dans l'Aqdas, qui explique clairement que les désoeuvrés qui n'ont aucun désir de travailler, ne peuvent avoir de place dans le nouvel ordre mondial. En corollaire à ce principe, Bahá'u'lláh déclare plus loin, que la mendicité devrait, non seulement être découragée, mais entièrement éradiquée de la société. Il est du devoir de ceux qui ont la charge de l'organisation de la société, de donner à chaque individu l'opportunité d'acquérir le talent nécessaire à l'exercice d'une profession, quelle qu'elle soit, ainsi que les moyens d'utiliser ce talent, tant pour son bien que pour gagner sa vie. Chaque individu, aussi handicapé ou limité qu'il puisse être, est dans l'obligation de s'engager dans une quelconque profession car le travail, surtout quand il est accompli dans un esprit de service est, selon Bahá'u'lláh, une forme d'adoration. Il n'a pas seulement un but utilitaire mais il est une valeur en soi, car il nous rapproche de Dieu et nous permet de mieux saisir son dessein pour nous ici-bas. Il est évident, de ce fait, que l'héritage de richesses ne peut dispenser quiconque du travail quotidien".

Dans une de ses tablettes, Abdu'l-Bahá déclare que "si une personne est incapable de gagner sa vie, qu'elle est frappée d'une extrême pauvreté ou se trouve sans ressources, alors il incombe aux riches ou aux mandataires de lui fournir une allocation mensuelle destinée à sa subsistance... Par "mandataires" il faut entendre les représentants du peuple, c'est-à-dire les membres de la maison de justice".

En réponse à une question demandant si l'injonction de Bahá'u'lláh exigeait qu'une épouse et mère travaille aussi, comme son mari, pour gagner sa vie, la Maison Universelle de Justice a expliqué que la directive de Bahá'u'lláh s'adressait aux amis pour qu'ils se livrent à une occupation qui sera profitable à eux-mêmes et aux autres, et que vaquer aux soins du ménage était un travail hautement honorable, une tâche à grande responsabilité et d'une importance fondamentale pour la société.

En ce qui concerne la retraite des personnes qui ont atteint un certain âge, Shoghi Effendi, dans une lettre écrite de sa part, déclara : "... c'est là une question sur laquelle la Maison Internationale de Justice devra légiférer, car il n'y a aucune disposition à ce sujet dans l'Aqdas".
(Kitáb-i-Aqdas, note 56 à para. 33)


CONSTRUIRE UN NOUVEL ORDRE MONDIAL

Tous les hommes ont été créés pour travailler à l'établissement et à l'amélioration croissante de la civilisation.
(Bahá'u'lláh, Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh, CIX, p. 198)


Il est certain que des entreprises importantes ne peuvent être menées dans la hâte à une heureuse conclusion; qu'en de telles circonstances la précipitation ne produirait que le gâchis. ...le monde politique ne peut évoluer instantanément du nadir de l'imperfection au zénith de la justice et de la perfection. Et qui plus est, les individus qualifiés doivent oeuvrer jour et nuit, usant de tous les moyens conduisant au progrès, jusqu'à ce que gouvernement et peuple se développent sous tous les rapports, jour après jour, et même d'un instant à l'autre.... Il en ira de même quand les pures intentions et la justice des gouvernants, la sagesse, l'adresse consommée et la diplomatie des autorités se combineront avec la détermination et les efforts incessants du peuple; alors, jour après jour, se manifesteront clairement les effets du progrès, des réformes de grande envergure, de la fierté et de la prospérité tant du gouvernement que du peuple.
('Abdu'l-Bahá, Le Secret de la Civilisation Divine, p. 135-136)


L'unité de la race humaine, telle que la conçoit Baha'u'llah, suppose l'établissement d'une communauté universelle où toutes les nations, les races, les croyances et les classes sont étroitement et définitivement unies, où l'autonomie des États membres ainsi que la liberté et les initiatives personnelles des individus qui les composent sont complètement et catégoriquement sauvegardées. Cette communauté, autant que nous puissions l'imaginer, doit comporter une législature universelle dont les membres, en tant que mandataires de l'humanité tout entière, auront en fin de compte le contrôle de l'ensemble des ressources de toutes les nations qui la composeront, et édicteront les lois nécessaires pour régler la vie, pourvoir aux besoins et harmoniser les relations de tous les peuples et de toutes les races. Un pouvoir exécutif mondial, s'appuyant sur une force internationale, veillera à l'exécution des décisions arrêtées par cette assemblée mondiale, à l'application des lois qu'elle aura votées, et à la sauvegarde de l'unité organique de la communauté tout entière. Un tribunal mondial se prononcera et délivrera son verdict final et contraignant dans tous les conflits qui pourront s'élever entre les divers éléments qui constituent ce système universel. Un mécanisme d'intercommunication mondiale sera imaginé qui embrassera toute la planète, qui sera affranchi des entraves et des restrictions nationales et fonctionnera avec une rapidité merveilleuse et une régularité parfaite. Une métropole mondiale agira comme le centre nerveux d'une civilisation mondiale, le foyer vers lequel convergeront toutes les forces unificatrices de la vie, et d'où rayonneront ses influences vivifiantes. Une langue universelle sera inventée, ou choisie parmi celles qui existent déjà, et enseignée dans les écoles de toutes les nations fédérées comme langue auxiliaire de la langue maternelle. Une écriture universelle, une littérature universelle, un système uniforme et universel de monnaie, de poids et de mesures viendront simplifier et faciliter les relations et la compréhension entre les nations et les races de l'humanité. Dans une telle société mondiale, les deux forces les plus puissantes de la vie humaine, la religion et la science, seront réconciliées, elles coopéreront et se développeront dans l'harmonie. La presse, tout en donnant libre cours à l'expression des vues et des convictions diverses du genre humain, cessera d'être manipulée pernicieusement par des intérêts privés ou publics, et sera libérée de l'influence des gouvernements et des peuples en conflit. Les ressources économiques du monde seront organisées, les sources de matières premières seront détectées et pleinement utilisées, les marchés seront coordonnés et développés, et la distribution des produits sera réglée équitablement.

Rivalités, haines et intrigues entre nations cesseront, et les animosités et les préjugés raciaux feront place à l'amitié raciale, à la compréhension et à la coopération. Les causes de luttes religieuses seront à jamais écartées, les barrières et les restrictions économiques totalement abolies, et la distinction excessive entre les classes sera supprimée. L'indigence d'une part, et l'accumulation des richesses de l'autre, disparaîtront. Les énergies immenses que la guerre économique ou politique dissipe et gaspille seront consacrées à étendre la portée des inventions humaines et du développement technologique, à accroître la productivité de l'humanité, à exterminer la maladie, à pousser plus avant la recherche scientifique, à hausser le niveau de la santé physique, à rendre le cerveau humain plus vif et plus subtil, à exploiter les ressources de la planète jusque-là inemployées et insoupçonnées, à prolonger la vie humaine, et à développer tout autre moyen propre à stimuler la vie intellectuelle, morale et spirituelle de la race humaine tout entière.

Un système de fédération universelle qui régisse la terre entière et exerce sur ses ressources, d'une inimaginable ampleur, une autorité à l'abri de toute discussion, qui incarne et fusionne l'idéal de l'Est et celui de l'Ouest, qui soit affranchi de la malédiction de la guerre et de ses misères, qui tende à l'exploitation de toutes les sources d'énergie disponibles à la surface de la planète, un système dans lequel la force est mise au service de la justice, et dont la vie est soutenue par la reconnaissance universelle d'un seul Dieu et l'obéissance à une seule révélation commune, tel est le but vers lequel les forces unificatrices de la vie poussent l'humanité.
(Shoghi Effendi, L'Ordre mondial de Bahá'u'lláh, p. 197-199)


DURABILITÉ SOCIALE


L'UNITÉ

L'acceptation de l'unité de la race humaine est la condition fondamentale de la réorganisation et de l'administration du monde considéré comme un seul pays, le foyer de l'humanité.
(Maison Universelle de Justice, Promesse de la Paix mondiale, 1985, III)


...tous les membres de la famille humaine - qu'il s'agisse de peuples ou de gouvernements, de villes ou de villages-  sont toujours plus dépendants les uns des autres. L'autarcie n'est plus possible pour quiconque, dans la mesure où des liens politiques unissent tous les peuples et les nations et où les relations commerciales, industrielles, agricoles et pédagogiques s'intensifient jour après jour. L'unité de toute l'humanité peut donc aujourd'hui être réalisée.
('Abdu'l-Bahá, Sélection des Écrits d''Abdu'l-Bahá, 15, p. 31)


Le principe de base d'une stratégie qui engage la population mondiale à assumer la responsabilité de son destin collectif doit se fonder sur la conscience de l'unité du genre humain. D'une simplicité trompeuse lorsqu'énoncé en termes généraux, le concept de l'humanité formant un seul peuple exprime une remise en cause fondamentale de la manière dont la plupart des institutions de la société contemporaine fonctionnent. Que ce soit sous la forme de la compétition pour l'accession au pouvoir dans les institutions publiques, du principe de l'assistanat dans la plaidoirie qui inspire presque l'ensemble du droit civil, de l'apologie de la lutte des classes et des autres groupes sociaux, ou encore de l'esprit de concurrence qui domine tant d'aspects de la vie moderne, la relation conflictuelle est partout acceptée comme le mobile principal des relations humaines. Or le conflit n'est, entre autres, que l'expression, dans l'organisation sociale, d'une interprétation matérialiste de la vie qui s'est progressivement imposée ces deux derniers siècles....

Poser les bases d'une civilisation mondiale revient à créer des lois et des institutions de nature et de portée universelles. L'effort ne pourra être amorcé que lorsque le concept de l'unité de l'humanité aura été accepté sans réserves par ceux qui ont la responsabilité de prendre des décisions et lorsque les principes qui en découlent seront propagés par les systèmes d'éducation et par les moyens de communication. Une fois ce seuil franchi, le mouvement ainsi déclenché poussera les peuples de la terre à formuler des objectifs communs et à s'engager à les atteindre. De plus, seul un changement de cap aussi radical pourra les protéger des vieux démons des luttes ethniques et religieuses. Ce n'est en effet qu'en prenant conscience qu'ils ne forment qu'un seul peuple que les habitants de cette planète seront en mesure de se détourner des schémas conflictuels qui ont dominé l'organisation sociale du passé, et qu'ils commenceront à emprunter les voies de la collaboration et de la réconciliation. "Le bien-être de l'humanité, sa paix et sa sécurité ne pourront être obtenus", affirme Bahá'u'lláh, "tant que son unité n'est fermement établie". 
(Communauté internationale bahá'íe, Vers une humanité prospère, 1995)


LA PLACE DE L'HUMANITÉ DANS LE MONDE NATUREL

L'homme est doté d'une réalité extérieure ou physique.... Comme les animaux, le corps humain est soumis aux lois de la nature. Mais l'homme est doté d'une deuxième réalité, la réalité rationnelle ou intellectuelle; et la réalité intellectuelle de l'homme prédomine la nature....

Cependant, il y a dans l'homme une troisième réalité, la réalité spirituelle.... Cette réalité spirituelle...  délivre l'homme du monde matériel. Par son pouvoir l'homme échappe au monde de la nature. Libéré, il trouvera une réalité qui illumine, transcendant la réalité limitée de l'homme et lui permettant d'atteindre l'infinité de Dieu, le soustrayant au monde des superstitions et des imaginations, et le plongeant dans l'océan des rayons du Soleil de Réalité.
('Abdu'l-Bahá, Les Bases de l'Unité du Monde, p. 72)


Dieu a doué l'homme d'une puissance si merveilleuse qu'il est capable de guider, maîtriser et contrôler la nature.
('Abdu'l-Bahá, Causeries d''Abdu'l-Bahá à Paris, 3e ed., p. 104)


...l'homme... devrait être libre et émancipé de la captivité du monde de la nature car, tant que l'homme est prisonnier de la nature il est un animal féroce, car la lutte pour l'existence est une des exigences du monde de la nature.
('Abdu'l-Bahá, Sélection des Écrits d''Abdu'l-Bahá, 227, p. 301)


LA CIVILISATION MATERIELLE

La civilisation, tant vantée par les représentants les plus qualifiés des arts et des sciences, apportera de grands maux à l'humanité, si on lui laisse franchir les limites de la modération....  La civilisation, d'où découle tant de bien lorsqu'elle reste modérée, deviendra, si elle est portée à l'excès, une source aussi abondante de mal....  Le jour approche où elle dévorera de ses flammes toutes les cités du monde....
(Bahá'u'lláh, Extraits des Ecrits de Bahá'u'lláh, 163, p. 225, et Foi Mondiale Bahá'íe, p. 328-329)


Des choses étranges et étonnantes existent sur la terre, mais elles sont cachées à l'esprit et à la compréhension des hommes. Ces choses sont capables de changer toute l'atmosphère terrestre et leur contamination pourrait s'avérer mortelle.
(Bahá'u'lláh, Les Tablettes de Bahá'u'lláh, p. 72)


La culture de consommation, héritière par défaut de l'évangile matérialiste de l'amélioration humaine, ne s'embarrasse pas de la nature éphémère des buts qui l'inspirent. Pour la minorité qui peut se l'offrir, les avantages recueillis sont immédiats et la raison n'est pas un argument. Enhardie par la faillite de la morale traditionnelle, l'avancée du nouveau credo n'est en fait rien de plus que le triomphe d'une impulsion animale, aussi instinctive et aveugle que l'appétit, libérée finalement du frein des sanctions supranaturelles. Des tendances fustigées universellement dans le passé comme défauts moraux sont devenues des nécessités du progrès social. L'égoïsme devient une ressource commerciale appréciée ; le mensonge s'invente un habit d'information publique ; des perversions de toutes sortes revendiquent sans vergogne le statut de droits civils. Sous des euphémismes appropriés, l'avidité, la luxure, la paresse, l'orgueil – la violence même – sont largement acceptés, et acquièrent de plus une valeur sociale et économique.
(Communauté internationale baha'ie, Une seule et même Foi, 2005, p. 7)


Autre défi pour la pensée économique : la crise de l'environnement. Il est aujourd'hui, froidement démontré que les théories fondées sur la croyance que la nature possède une capacité illimitée à répondre à toutes les exigences humaines sont fallacieuses. Une culture qui attache une valeur absolue à l'expansion, à l'acquisition et à la satisfaction des besoins se voit confrontée à une évidence : de tels buts ne suffisent pas, en soi, à déterminer une politique cohérente. D'autre part, toute prise de décision pour tenter de résoudre les questions économiques qui ne tiendrait pas compte du fait que la plupart des problèmes importants sont plus mondiaux que locaux, serait tout à fait inadéquate.

L'espoir fervent que cette crise morale pourra être résolue, d'une manière ou d'une autre, en déifiant la nature elle-même, n'est qu'un signe évident du désespoir intellectuel et spirituel engendré par la crise. Même si elle est bienvenue, la reconnaissance que la création est un tout organique et que l'humanité a le devoir d'en prendre soin ne suffit pas à influencer la conscience des peuples au point de créer un nouveau système de valeurs. C'est seulement en franchissant un seuil décisif dans la compréhension, à la fois scientifique et spirituelle, que l'espèce humaine aura la force d'assumer les responsabilités que l'histoire lui impose. 
(Communauté internationale bahá'íe, Vers une humanité prospère, 1995)


Toutefois, tant que les réalisations matérielles et les vertus humaines ne seront pas renforcées par des perfections d'ordre spirituel, par des qualités lumineuses et par des caractéristiques de la miséricorde, ces réalisations et ces vertus demeureront stériles, et le bonheur du monde de l'humanité - ce but ultime - ne sera pas atteint. Car même si les réalisations matérielles et le développement du monde physique apportent la prospérité qui révèle de façon exquise les buts auxquels elle tend, la menace du danger, de cruelles calamités et de violentes afflictions n'en demeure pas moins présente.... Progrès et barbarisme vont de pair, tant que la civilisation matérielle n'est pas confirmée par la direction divine... tant qu'elle n'est pas renforcée par la conduite spirituelle...
('Abdu'l-Bahá, Sélection des Écrits d''Abdu'l-Bahá, 225, p. 282)


Une telle vie chaste et sainte... n'implique rien de moins que l'exercice de la modération dans tout ce qui se rapporte aux habits, au langage, aux distractions et à toute occupation artistique et littéraire.... Elle réclame l'abandon d'une conduite frivole avec son attachement excessif aux plaisirs futiles et souvent mal dirigés.... Elle ne peut consentir aucun compromis envers les théories, les standards, les habitudes et les excès d'un âge décadent.
(Shoghi Effendi, L'Avènement de la Justice Divine, p. 43)


La loyauté est le plus grand portail menant à la quiétude et à la sécurité des peuples. En vérité c'est d'elle qu'a dépendu et que dépend la stabilité de chaque chose.
(Bahá'u'lláh, Les Tablettes de Bahá'u'lláh, p. 37)


CONNAISSANCE ET SCIENCE

La troisième Tajallí concerne les arts, les métiers et les sciences. La connaissance est comme des ailes pour la vie de l'homme et une échelle pour son ascension. Il incombe à chacun de l'acquérir. Néanmoins, il faudrait acquérir la connaissance des sciences qui sont profitables aux peuples de la terre, mais non de celles qui commencent par des mots et finissent par des mots. Grand en effet est le droit des hommes de science et des artisans sur les peuples du monde.... En vérité, la connaissance est un véritable trésor pour l'homme et une source de gloire, de bonté, de joie, d'exaltation, de courage et de bonheur pour lui.
(Bahá'u'lláh, Les Tablettes de Bahá'u'lláh, p. 53-54)


La réalité est une, et lorsque la vérité est recherchée et vérifiée, elle conduira au progrès individuel et collectif. Dans la recherche de la vérité, la science et la religion - les deux systèmes de connaissances à la portée de l'humanité - doivent avoir une influence réciproque, proche et continuelle. La perspicacité et les compétences que représentent les aboutissements scientifiques doivent se tourner vers la puissance des responsabilités spirituelles et des principes moraux, afin d'assurer leur application correcte.
(Communauté Internationale Bahá'íe (1998), Place et importance de la spiritualité dans le développement)


La constitution d'une société globale requiert le développement d'aptitudes se situant bien au-delà du champ des possibilités actuelles de l'espèce humaine. Les défis futurs exigent un accroissement énorme de l'accès aux connaissances aussi bien de la part des individus que des organisations. L'éducation universelle sera un agent indispensable à l'élaboration de ces aptitudes, mais un effort ne porte ses fruits qu'à la condition expresse que les individus et les groupes de chaque secteur de la société soient à même d'acquérir des connaissances et de s'en servir pour la conduite des affaires humaines.

L'éducation se poursuit toute la vie. Elle devrait aider les personnes à développer les connaissances, valeurs, comportements et aptitudes nécessaires au maintien d'un emploi et à la contribution sûre et positive de communautés reflétant les principes de justice, d'équité et d'unité. Elle devrait aider l'individu à trouver sa place dans la communauté, ayant ses racines dans un lieu local, mais s'étendant au monde entier. Une éducation réussie cultivera la vertu comme fondement du bien-être personnel et collectif, et développera chez les individus un sens profond du service et un dévouement actif au bien-être de leurs familles, leurs communautés, leurs pays, voire de l'humanité toute entière. Elle encouragera la réflexion personnelle et l'aptitude à penser en termes de processus historique, et encouragera l'inspiration au travers des moyens tels la musique, les arts, la méditation, et l'interaction avec l'environnement naturel. 
(Communauté Internationale Bahá'íe (1998), Place et importance de la spiritualité dans le développement

 


Retourner à Resources

Forum International pour l'Environnement - Dernière mise à jour le 1 novembre 2012